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Dimanche 8 novembre 2009

Petit poisson coloré, la bouvière entretient de remarquables relations avec les anodontes, sans lesquels elle ne pourrait pas se reproduire.

La bouvière est l’un des plus petits représentants de la famille des cyprinidés. Son aire de répartition s’étend sur presque toute l’Europe non méditerranéenne, de la Manche à la Caspienne, et recouvre aussi le nord de l’Asie Mineure. En France, elle est présente partout, et sporadiquement dans l’Ouest et le Sud-est. Elle a été introduite dans certains pays comme poisson d’ornement. Elle vit dans les étangs et petits lacs ainsi que dans les eaux peu courantes qui sont épargnées par la pollution.

UN PETIT CARASSIN

Contrairement à nombre des petits cyprinidés, qui ressemblent fortement à la carpe, la bouvière est facilement identifiable. Petit poisson au corps comprimé latéralement, à la tête et à la bouche réduite ; elle ressemble à un jeune carassin, mais ses écailles sont argentées et sa nageoire dorsale compte moins de rayons : 8 à 10 contre 14 à 21. De l’arrière de la tête à la caudale, elle a 32 à 40 écailles d’assez grande taille.

La bouvière se distingue de nombreux cyprinidés par sa ligne latérale qui ne comporte des pores que sur les 5 ou 6 premières écailles, au-dessus des pectorales. On note chez les deux sexes une bande bleutée à l’arrière du corps. Au moment du frai, cette bande devient iridescente, et le mâle arbore un ventre rose et des nageoires rouge vif.




D’ETONNANTE RELATIONS

Fait unique chez les poissons d’Europe, la bouvière fait appel aux moules d’eau douce pour se reproduire. Au printemps, la femelle se dote d’un long oviducte, tandis que le mâle se ménage un territoire sur le fond, tout près d’un anodonte. Après une parade éclatante du mâle, la femelle effleure la moule de son museau pour l’habituer à sa présence. Ainsi, lorsqu’elle insère son oviducte dans le mollusque pour déposer ses œufs sur les branchies de ce dernier, la moule d’eau douce ne se referme pas. Le mâle émet alors sa laitance, qui est absorbée par la moule.

Les œufs se trouvent ainsi fécondés. Ils vont éclore 2 ou 3 semaines plus tard. Le frai se répète jusqu’à ce que la femelle ait pondu tous ses œufs, dont le nombre est compris entre 40 et 100, plusieurs moules étant mises à contribution. Les alevins quittent le mollusque quelques jours après l’éclosion, après avoir épuisé le contenu de leur vésicule vitelline.

DES PARENTS ADOPTIFS

Ces remarquables relations entre bouvière et anodonte ont un caractère symbiotique, bénéfique aux deux partenaires. Les œufs de la bouvière sont protégés des prédateurs et bien ventilés jusqu’à l’éclosion ; en cas de sécheresse la moule se déplace avec les œufs ou les larves vers une eau plus profonde. Quant à la moule, elle tire aussi parti de l’association, du fait que ses propres larves se fixent aux poissons, ce qui assure une plus large répartition au mollusque.

L’ALIMENTATION

La bouvière se nourrit principalement de petites larves d’insectes, de vers et de crustacés, mais aussi, de matières végétales, en particulier d’algues. Ce mode d’alimentation peu spécialisé constitue un avantage dans les petits étangs ou les ressources nutritives sont limitées

Par manu - Publié dans : Guide des poissons
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Dimanche 1 novembre 2009

Poisson de grande taille, puissant et très vigoureux, presque exclusivement carnivore, l’aspe est apprécié pour sa défense dans toute l’Europe orientale.

L’aspe ressemble à un chevesne géant d’Europe de l’Est, aussi agressif que méfiant. Le poids moyen est d’environ 5kg, mis il s’en prend de plus de 12 kg. L’aspe atteint de telles tailles grâce à son régime de carnassier.

L’aspe rôde non loin de la surface, où il traque les bancs de petits poissons et les attaque bruyamment de la tombée de la nuit à l’aube. Aucun être aquatique ne rebute ce vorace prédateur qui engloutit aussi bien grenouilles et rats que des canetons.

UN VORACE

Pour ingurgiter de grosses proies, l’aspe est doté d’une gueule énorme. La mâchoire inférieure proéminente s’encastre dans une encoche de la mâchoire supérieure. Les lèvres sont épaisses. Le corps élancé est caréné en arrière de l’orifice anal. Les poissons matures ont une bosse derrière la tête. L’aspe a des flancs gris bleu, un dos vert foncé et un ventre blanc. Hormis la dorsale et la caudale, grises, les nageoires sont nuancées de rouge. Les écailles, 65 à 74 sur la ligne latérale, sont de petites tailles. L’aspe et un grand poisson élégant qui éveille le plus vif intérêt chez les pêcheurs d’Europe occidental quand il est présent…  ce qui n’est, hélas ! Pas souvent le cas.








SON AIRE DE REPARTITION

L’aspe vit en effet aux confins orientaux de l’Europe, de l’est des Pays-Bas et de l’Allemagne, jusqu’au sud de la Scandinavie vers le nord, et aux mers Noire et Caspienne et en Sibérie. Il fréquente surtout le cours moyen des rivières de plaine.

Les sujets adultes vivent en prédateurs solitaires dans les lagunes ou les bras morts ou lents des rivières, les secteurs calmes en amont des barrages. Certains aspes, notamment ceux de la Caspienne et de la mer Noire, deviennent migrateurs : ils grandissent dans les estuaires aux eaux saumâtres et se reproduisent plus en amont, en eau douce.

CYCLE BIOLOGIQUE

Le frai intervient entre avril et juin, selon la température de l’eau. Des bancs d’aspes remontent les rivières jusqu’aux eaux rapides à fond de pierres ou de graviers. Les œufs collants sont pondus et fécondés entre les cailloux, où ils éclosent 10 à 15 jours plus tard. Les alevins se laissent dériver vers l’aval, pour s’établir dans des eaux lentes et abritées, où ils se nourrissent tout d’abord de minuscules insectes et crustacés.

Dix à douze semaines après, les juvéniles se mettent à dévorer d’autres poissonnets, ce qui explique leur rapide croissance ; un aspe d’un an pèse plus d’une livre. Les aspes parviennent à la maturité sexuelle à l’âge de 4 ou 5 ans et pèsent alors 3,500 kg environ.

Sa chair est estimée en Europe orientale, où on le capture aux engins et à la ligne, mais des prélèvements intensifs l’on raréfié dans son aire de répartition naturelle

Par manu - Publié dans : Guide des poissons
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Dimanche 25 octobre 2009

L’examen attentif de la bouche des poissons blancs et des carnassiers révèle que sa forme est un indicateur précieux du mode de vie de chaque espèce, et à ce titre nous permet de savoir où et comment les pêcher.

Rien qu’en observant la bouche d’un poisson, on peut acquérir de multiples informations sur son mode de vie. La taille de la bouche, la façon dont elle est formée et orientée, la présence de barbillons, la forme et la grosseur des dents, sont autant d’indices d’une grande utilité pour le pêcheur, qui souhaite voir prendre ses appâts par les poissons recherchés.


EN SURFACE OU A FOND ?

Il faut néanmoins savoir que les poissons sont rarement contraints par leur anatomie à trop se spécialiser. La plupart peuvent être qualifiés de « généralistes », qui peuvent abandonner un genre de comportement pour un autre si leurs aliments favoris viennent à manquer ou disparaissent.

Généralistes : La carpe se nourrit surtout au fond. Sa bouche est bien adaptée pour fouiller au fond. Elle se sert des deux paires de barbillons qui hérissent ses lèvres et de ses mâchoires protractiles pour détecter sa nourriture puis l’aspirer. On s’attend donc à trouver les carpes au fond, mais, les carpistes le savent bien, elles mordent aussi entre deux eaux, ou montent en surface pour happer du pain ou des bouillettes flottantes.

Le gardon qui se nourrit à fond et entre deux, est lui aussi « généraliste », il dévore de petits crustacés nageurs et gobe parfois des aliments en surface. Toutefois, même si sa mâchoire supérieure est en légère avancée, la bouche du gardon n’est pas protractile comme celle de la carpe, et ne possède pas de barbillons.

La tête en bas : La brème est nettement plus spécialisée pour une alimentation sur le fond, bien qu’elle reste capable de se nourrir entre deux eaux. Sa bouche s’étire en un large tube par lequel elle aspire chironomes et autres habitants de la vase. Un banc de brèmes avance au fond, chacune ayant la tête en bas et la queue dressée, jusqu’à crever la surface en eau très peu profonde. La forme du corps de la brème, avec son anale bien développée et le lobe inférieur de la caudale plus long que le supérieur, favorise cette posture. Lorsqu’elle nage, cela fait automatiquement basculer sa tête vers le fond.

La tanche se nourrit elle aussi à fond. Sa lèvre supérieure, plus longue que l’autre, lui permet de fouiller la vase à la recherche de larves d’insectes.

En surface : L’ablette est l’un des poissons les mieux adaptés pour la chasse en surface. Sa bouche oblique est dirigée vers le haut et ses lèvres situées juste à l’extrémité du museau, ce qui facilite la capture de petites proies en surface. La bouche du rotengle est aussi orientée vers le haut, et sa mâchoire inférieure en saillie lui permet d’aspirer les insectes flottants.

La vandoise se nourrit aussi en surface, mais à cause de son museau pointu, elle doit tenir la tête vers le haut et la queue vers le bas, ce qui suppose des dépenses énergétiques plus importantes que pour l’ablette. Elle peut aussi s’alimenter entre deux eaux et sur le fond.

Les barbillons : leur présence indique que le poisson recherche la majeure partie de sa nourriture sur le fond. Ces organes très sensibles détectent les aliments enfouis. La bouche du goujon, hérissée de deux barbillons, et celle du barbeau, à quatre barbillons, sont caractéristiques. Les gros barbeaux possèdent d’épaisses lèvres charnues garnies de nombreuses cellules gustatives qui leur permettent de goûter esches et aliments bien avant qu’ils ne soient pris en bouche.

Les charognards : les barbillons jouent un rôle chez le silure. Les deux barbillons supérieurs extrêmement longs, devant les yeux, détectent la nourriture très en avant de la tête. La bouche du silure, immense et largement fendue, engloutit les aliments sur le fond. Autre prédateur et charognard vivant sur le fond, l’anguille ne possède pas de barbillons, mais son odorat est très développé. Sa bouche est grande, et ses mâchoires sont garnies de denses massifs de fines dents.

Les prédateurs : Les prédateurs tels que le sandre et le brochet sont particulièrement bien équipés pour saisir des poissons. Leur bouche très allongée, garnie de nombreuses dents acérées, s’ouvre largement pour prendre et tenir les proies.

  
Par manu - Publié dans : Connaissance des poissons
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Dimanche 18 octobre 2009

Pourquoi les eaux douces d’Europe continentale contiennent-elles certaines espèces de poissons ? Comment ces espèces sont-elles parvenues dans ces eaux ? On peut apporter quelques réponses à ces questions.

La clé de l’histoire de nos poissons d’eau douce réside dans les glaciations qui se succédèrent en Europe au cours du Pléistocène (de -1.8 millions d’années à – 10000 ans). Pendant ces périodes glaciaires, la grande majorité de l’actuelle Europe était gelée, mais durant les périodes interglaciaires, pendant lesquelles les glaces reculaient vers le nord et le climat se réchauffait quelque peu, de nombreuses espèces de poissons actuels, colonisèrent les lacs et rivières nés de la fonte des glaces.

La dernière grande glaciation s’est produite voici environ 50000 ans : les glaces venues de l’Arctique recouvrirent alors une grande partie de l’Europe septentrionale. Les régions montagneuses du sud de l’Europe, Alpes et Pyrénées, furent également cernées par les glaces, et le climat de toute l’Europe se refroidit fortement. Les poissons qui avaient vécu là se raréfièrent ou peut-être même disparurent totalement, soit qu’ils aient été anéantis par le froid, soit qu’ils aient migré vers le sud, par la mer, pour gagner des cieux plus cléments.

LE RECUL DES GLACES

Il y a environ 13000 à 15000 ans, la calotte glaciaire recula, et certaines régions d’Europe occidentale redevinrent vivables pour des poissons d’eau douce. En se retirant, les glaces découvraient des terres froides et désolées, assez semblables à ce qu’est actuellement la toundra arctique. Les poissons ne tardèrent pas à s’établir dans ces contrées, pourtant bien inhospitalières.

Les premiers poissons à occuper ce désert furent sans doute des membres du groupe des euryhalins, qui supportent une variation de concentration saline. Ces poissons d’eau froide (stagnante ou courante), comprennent les ombles, les anguilles, les bondelles, les lamproies, les mulets, les lavarets, les saumons, les aloses, les truites, les petites murènes, les éperlans, les épinoches, les esturgeons, et même les flets.

La plupart de ces poissons, venus de la mer, remontèrent les rivières créées par l’écoulement des eaux de la fonte des glaces vers la mer. Ils furent les premiers poissons à être pêchés et consommés par les hommes eux-mêmes installés dans ces régions.

En se retirant, les glaces creusèrent d’immenses cuvettes de l’Ecosse aux Alpes en passant par l’Irlande ou le Massif Central. Les eaux de fonte des glaciers remplirent ces cuvettes, formant ainsi de grands lacs. De nombreux poissons qui avaient pénétré dans les rivières gagnèrent ces lacs et s’y établirent. Certains virent leur retraite vers la mer coupée par l’élévation des terres soulagées du poids écrasant de la glace, ou furent pris au piège par les gigantesques amas de roches transportés par les glaciers puis redéposés lors de la fonte. C‘est ainsi que des ombles chevaliers sont restés prisonniers de certains lacs, contrairement aux races migratrices groenlandaises et nord-américaines. Il en va de même des corégones.

LE RECHAUFFEMENT DES EAUX

A mesure que les glaces se retiraient vers le nord, le climat devenait moins glacial. Les lacs et les rivières du sud devinrent plus accueillants pour des poissons d’un deuxième groupe, celui des sténohalins, qui comprend le barbeau, l’ablette, la brème, le chevesne, la vandoise, l’ombre, le goujon, le vairon, la perche, le brochet, le gardon, la grémille, la tanche ou la lote. Ces poissons, qui ne tolèrent pas l’eau salée, migrèrent par la voie « terrestre ». A cette  époque, il y a environ 13000 ans, les régions du sud de la Grande Bretagne étaient reliées au continent européen par une langue de terre (devenue la Manche). Il se peut que la Tamise ait été un affluent du Rhin, et que les poissons de cet immense réseau hydrographique aient pu circuler en tout sens. De toute façon, les poissons ont pu se répandre dans les plaines d’inondation de la Belgique, du Luxembourg et du nord de la France, avant de gagner le sud de la Grande-Bretagne sous l’effet des crues, ou par le vecteur des oiseaux.

Ce processus s’étira sur plusieurs millénaires. Il faut savoir que le Rhin lui-même se repeupla de poissons provenant du bassin du Danube, qui avait été relativement épargné par la glaciation.



UNE EXPANSION LIMITEE

Les deux types de poissons (euryhalins et sténohalins) virent leurs possibilités d’expansion limitées en Europe occidentale. Ceux du premier groupe trouvèrent des eaux trop tièdes dans le Sud. Ils se cantonnèrent donc au Nord et à l4ouest, où le climat était plus rigoureux et l’eau encore froide, non loin de la calotte glaciaire.

Quant aux poissons venus d’Europe continentale, ils trouvèrent le Nord trop froid, et eurent plutôt tendance à se cantonner dans le Sud.

Les îles Britanniques furent les moins favorisées : actuellement, elles ne comptent qu’un peu plus d’une cinquantaine d’espèces de poissons, à comparer aux quelque deux cents de l’Europe. La raison principale de cette différence tient là encore à la calotte glaciaire : celle-ci continua de fondre en se retirant vers le nord, et à mesure qu’elle fondait, le niveau des mers s’élevait. Progressivement, la langue de terre qui reliait l’Angleterre à l’Europe fut submergée, ainsi l’accès devint impossible à de nouvelles espèces de poissons.

HERON, HERON ……

Ce que la nature fait, d’ailleurs très bien, c’est d’assurer l’expansion d’une espèce déjà implantée. Par exemple, lors des crues, une rivière répand ses poissons dans les prairies alentour. Mares et fossés se peuplent ainsi de brèmes, de perches, de gardons…. Cela n’a rien de rare, et se produit tous les hivers ou presque. Lors d’une grande crue sur un cours d’eau important, les poissons peuvent ainsi être transportés sur des dizaines de kilomètres.

Les récits faisant état du transport de poissons par des hérons et autres échassiers soulèvent plus de scepticisme, et pourtant ce phénomène se produit bel et bien. Au printemps, les hérons chassent les poissons qui fraient en eaux peu profondes. Les œufs collants de nombreuses espèces adhèrent alors à leurs pattes. Les hérons se rendent ensuite dans un autre lac ou une autre rivière ; les œufs finissent par se détacher, et si les conditions s’y prêtent ils éclosent. Un tel peuplement ne se produit pas en un jour, mais si une espèce progresse de quelques kilomètres en un an, cela peut se représenter une belle expansion au fil des siècles !

Quand les Romains envahirent l’Europe occidentale, il y a environ deux mille ans, ces pêcheurs avisés y trouvèrent des brèmes, des chevesnes, des vandoises, des gardons et des tanches, entre autres. Les plus intrépides de ces pêcheurs romains, s’ils étaient aventurés dans les régions les plus septentrionales, y auraient certainement trouvé des saumons à foison, des truites fario en nombre, des ombles (à supposer qu’ils aient été capable de les capturer), et partout des anguilles.

Les pêcheurs à la ligne actuels bénéficient de toute évidence d’une plus grande diversité d’espèces à pêcher. Nombre de ces poissons sont apparus au cours des deux mille ans écoulés, grâce à l’aide que l’homme à apportée à la nature. Certains ont été introduits à des fins alimentaires, et d’autres pour le plaisir de la pêche.

 

Par manu - Publié dans : Connaissance des poissons
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Dimanche 11 octobre 2009

Beaucoup de pêcheurs se disent experts dans l’art de distinguer les hybrides des poissons d’espèces « pures », mais, bien sûr, la réalité n’est pas simple…

Les hybrides résultent d’un croissement entre deux espèces différentes. La majeure partie des pêcheurs de concours ne s’intéresse aux hybrides que si un record est en jeu : comment revendiquer un record pour une prise de gardon si le sujet en question est un hybride de gardon et de rotengle !

Une hybridation fréquente intervient entre l’ablette et le chevesne. Certains hybrides sont connus depuis longtemps, mais au cours des dernières décennies on a identifié neuf types de croisements différents.

COMMENT LES REPERER ?

L’aspect d’un hybride dépend de toute évidence de l’espèce à laquelle appartient chacun de ses parents. La progéniture d’espèces à l’aspect bien différencié ; gardon et brème par exemple, ressemble à un mélange des deux, ce qui permet de la reconnaître sans difficulté.

Dans d’autres cas, tout se complique. Gardon et rotengle sont déjà difficiles à distinguer, parfois même par des pêcheurs chevronnés. Alors que dire des hybrides ! Il y a une seule manière infaillible de les déceler, qui suppose de tuer le poisson car elle repose sur l’examen des dents pharyngiennes.

Certains se prêtent à d’autres procédures. La nageoire anale des hybrides de gardon et de brème comprend de 15 à 19 rayons du gardon et les 20 à 25 rayons de la brème.

Le comportement des hybrides est souvent proche de celui des deux parents, notamment pour l’alimentation, mais il n’en va pas de même pour la croissance : les hybrides ont tendance à grandir vite et à atteindre une bonne taille. Ainsi, les hybrides de gardon et de brème se rapprochent-ils davantage de cette dernière par leur poids.

DANS QUELLES EAUX ?

On remarque que certaines eaux recèlent des proportions d’hybrides plus importantes que d’autres, alors qu’elles sont peuplées des mêmes espèces. Il semblerait que le phénomène s’accentue dans des eaux modifiées par l’homme.

Les dragages, la canalisation des cours d’eau, le faucardage et l’empoissonnement ont pour effet de rassembler davantage d’espèces différentes sur les frayères, ce qui augmente la probabilité d’hybridation.

Les eaux soumises à une gestion intensive (comme les lacs réservoirs) possèdent de nombreux hybrides ; qui sont quasi absents des eaux laissées à l’état naturel.

ET APRES ?

Contrairement à ce qui se passe chez d’autres animaux ou végétaux, de nombreux hybrides de poissons sont capables de se reproduire, ce qui complique encore la situation, avec des hybrides de deuxième génération.

Dans certaines eaux, les croisements répétés rendent pratiquement impossible toute identification des hybrides de deuxième ou troisième génération. Il est même difficile d’être certain qu’un gardon record est effectivement un pur gardon, dépourvu de la moindre trace génétique de brème.

A dire vrai, il se pourrait bien qu’on nous dise un jour qu’aucun cyprinidé susceptible de s’hybrider n’est  tout à fait pur. Les lignées qui possèdent l croissance la plus rapide descendent de toutes hybrides…Et nos connaissances dans le domaine des interactions entre les hybrides et leurs relations avec les espèces parentes au moment du frai sont trop imparfaites pour que nous puissions avancer des conclusions définitives.


LES HYBRIDATIONS

Neuf hybridations sont connues, dont certaines rares :

-gardon et brème : étang et rivière

-rotengle et brème : étang

-ablette et chevesne : rivière

-gardon et chevesne : rivière

-chevesne et rotengle : rivière

-gardon et rotengle : étang

-brème et brème bordelière : étang et rivière

-gardon et brème bordelière : étang et rivière

-carpe et carassin : étang

Par manu - Publié dans : Connaissance des poissons
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